Son fils Robert IV aura un choix à faire après la réunion de la Normandie à la France en 1204 : s'il optait pour l'Angleterre, il perdait ses possessions françaises ; un choix vite fait car le gros des terres de la famille outre-Manche était déjà entre les mains de la branche anglaise descendant de William. Après son ralliement, Philippe Auguste le nomme chevalier banneret en 1208.
Lui succède Richard II, toujours baron de Courcy mais dont la baronnie d'Écajeul lui est contestée et va peu à peu lui échapper malgré un jugement en sa faveur de la cour de l'Échiquier en 1237. Il semble que le roi ait profité d'une garde noble pour soustraire cette baronnie aux Courcy14. Richard II a épousé une Mabille, que l'abbé Simon pense à juste titre être Mabille du Hommet15, puisqu'elle lui a apporté deux importantes baronnies de la Manche, celles de Remilly et Marigny16,17, entre Coutances et Saint-Lô, qui étaient aux du Hommet. On retrouve dans ce mariage la tendance à l'endogamie des familles de compagnons de Guillaume et de grands officiers de Normandie, qui va perdurer après la réunion à la France : les du Hommet, qui sont dits descendre du demi-frère de Guillaume le Conquérant, Odon de Bayeux, ont en effet été connétables de Normandie.
Richard II a eu quatre fils, Enguerrand, Guillaume, Jean et Nicolas. C'est Guillaume (II) qui succède à son père18, et après lui un fils de Jean, Richard III, qui va continuer la tradition en épousant Alix Bertrand, fille de Robert VII Bertrand, seigneur de Briquebec19 ; il s'agit, on l'aura compris, d'une famille de compagnons de Guillaume. Alix est la sur de Robert VIII Bertrand, maréchal de France. On impute à Richard III l'achat de la terre et du château de Gonneville, dans la Manche20, qu'il va reconstruire et habiter.Robert III meurt autour de 1158 et c'est son cousin germain, Guillaume 1er, qui lui succède comme baron de Courcy. Par sa première épouse, une Tancarville, dont le chef de famille a le titre de chambellan héréditaire de Normandie, il hérite en outre de la baronnie d'Écajeul12. Sa seconde épouse est une de L'Aigle, autre famille de compagnons de Guillaume. Une sorte d'hérédité des charges semble s'être installée puisqu'on le retrouve justicier et sénéchal de Normandie du roi Henri II, jusqu'à sa mort en 117613.
Les deux fils de Richard III se partagent ses considérables domaines : à l'aîné, Guillaume III, la baronnie de Courcy, au cadet, Jean, les baronnies de Remilly et Marigny. Par alliance, elles iront ensuite aux Malesmains et aux Montauban, avant d'être érigées en marquisat pour les Rohan. À Guillaume III succède son fils Geoffroy, mort à la bataille de Crécy en 134621. Il avait épousé Marie d'Estouteville22, fille de Robert VI et Marguerite de Hotot. On est encore une fois dans une famille de compagnons de Guillaume, parente des Courcy par la mère de Robert VI, une Bertrand, belle-sur de Richard III. Geoffroy a eu trois enfants : Marie, épouse de Guillaume de Bricqueville, Richard IV, baron de Courcy, et Guillaume, tige de la branche de Bourg-Achard, dont il sera parlé plus loin.
Richard IV épouse Agnès de Mons23, dont il a trois fils, Guillaume, Georges et Richard. Il a dû mourir vers 1381, car l'année suivante, c'est son fils Guillaume IV qui apparaît comme baron de Courcy. Commandant une compagnie à la suite de son père, il fait toutes les campagnes des années 1380 : Flandres, Écosse, l'Écluse, la Castille, la croisade de Barbarie (Tunisie). Charles VI le remarque et fait de lui son chambellan. Voilà Guillaume de Courcy et son épouse, Marguerite Paynel24, installés à la cour et aussi proches du roi de France que leurs ancêtres l'avaient été du duc-roi. Mission oh combien délicate et périlleuse, ils sont chargés d'accompagner la princesse Isabelle qui part en Angleterre après son mariage le 1er novembre 1396 avec Richard II à Calais. Le mariage a été précédé de fêtes dans la région d'Ardres / Guines, au cours desquelles Isabelle a été présentée à son fiancé (miniature ci-contre)25. Le ménage Courcy est accompagné du jeune frère de Guillaume IV, Richard, prêtre et ancien curé de Courcy, qui fera office de secrétaire pour la reine26. Marguerite veillera sur cette toute jeune fille et sera sa dame d'honneur. Distinction rarissime pour une étrangère, elle est faite dame de la Jarretière en 139927. La même année, le drame se noue et Richard II est jeté en prison par son cousin Lancastre qui le fera disparaître et prendra sa place28. Marguerite de Courcy est sommée de rentrer en France, débarque à Boulogne et, selon Froissart, se précipite aussitôt à Paris pour prévenir le roi29, mais la reine Isabelle est gardée par Henri IV qui veut lui faire épouser son fils30, ce qu'elle refuse. Deux ans après, Charles VI envoie une mission diplomatique à Boulogne, dont fait partie Guillaume de Courcy, qui obtient le retour en France d'Isabelle.
En récompense de ses bons et loyaux services, il est nommé en 1404 capitaine gouverneur de Paris. Sa femme, de son côté, est dame d'honneur de la reine Isabeau. Mais leur train de vie, les faveurs dont ils jouissent, attisent les jalousies. Dans un brûlot écrit par une autre personne de la suite d'Isabelle, madame de Courcy est accusée d'avoir eu en Angleterre un train de vie excessif et d'avoir égaré nombre de bijoux de la jeune reine, dont certains de grand prix31. Plus grave encore, on dénonce son mari comme responsable de fuites en direction d'Henri IV, et on explique qu'il a agi ainsi parce qu'il était toujours pensionné par les Anglais. Le fait est que les Courcy ont été comblés de cadeaux à leur départ : pension de cent livres par an pour le ménage, de quarante marcs pour Richard, et droit accordé à Guillaume IV d'exporter vers l'Angleterre du blé en franchise de droits de douane32! Mais le roi le soutient et demande au Parlement de le laver de tout soupçon, ce qu'il fait33. Guillaume IV, qui a démissionné de son poste de capitaine gouverneur, garde celui de conseiller et chambellan du roi.
Hij is getrouwd met Isabelle Le Aigle.
Zij zijn getrouwd
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