Hij is getrouwd met Anne Françoise COPAY.
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Le lendemain, des patriotes venus de Xhoris se chargeront des cinq prisonniers et les conduiront chez le podestat de la principauté, le baron de Sélys-Fanson, dans l'espoir d'apaiser le ressentiment prévisible du duc de Wurtemberg(11). Il faut bien se rendre à l'évidence, Deleau était attendu à Targnon, mais il ne saura jamais qui avait permis aux insurgés de connaître ses desseins. Ainsi, dès l'avant-midi de ce mémorable mercredi, Houssonloge avait battu la caisse sur le plateau de Lorcé et dans les champs de Bierny, jusqu'à la croix St- Roch, pour alerter tous ceux qui travaillaient dans les champs et dans les bois du vallon de Fayenage. Puis, lorsque tout le monde eut regagné le village, il fit le tour des maisons, commandant aux hommes de prendre leur fusil et des munitions et de gagner les abords de Targnon au plus tôt. Ceux qui étaient dépourvus d'armes à feu devaient se munir de haches, de fourches et de faulx. On peut imaginer Widar reproduisant le même scénario à Chession et Colon à Targnon(12). Le guide de l'expédition, Ansai dit le Cliquottier avait préféré, dès les premiers coups de feu, faire retraite vers Stoumont. Plus tard, tout en sueur et la gorge serrée, il parvient à Froidcourt où il demande à se rafraîchir. On lui verse à boire, en insistant sur le danger qu'il court à traîner dans le coin. Un danger qui s'avère bien réel puisqu'à peine dehors, il est intercepté par une bonne quinzaine de poursuivants. Ce groupe comprend une majorité de Lorcéens, Antoine-Rock Charette, Martin Legros, Hubert Labasse, Jacques Laffrut, Jean-Hubert Dombret, un certain Deharre, Hubert Gob, le fils du maréchal, Henri Grégoire et son frère François, déserteur de l'armée impériale. Il y a aussi Georges Legay de Chession, un certain Nicolas en service à Naze, Nicolas Boutet de Targnon, Jean-Pierre Charette de Rahier et quatre réfugiés franchimontois, Nicolas Pironnet de la Basse-Desnié, François Ancion de la Haute-Desnié, Antoine le Pinçon de Creppe et Antoine Pirnay, dit le Clute, de Vertbuisson. Les quatre derniers sont des ennemis personnels du garde qui a bien dû, un jour ou l'autre, les trouver en contravention lors de ses tournées (13). 205 Il ne faut guère de temps à Ansai pour être fixé sur son sort. Sans préambule, un premier lui lance qu'il doit recommander son âme à Dieu, qu'il est dans une bien mauvaise passe. Le garde cherche à crâner, mais Ancion met un point final à ce dialogue : Ne te mets pas en peine. Si tu n 'es pas mort aujourd'hui, tu le seras demain. Et s'il n y a pas de bourreau pour te pendre, je le serai. Sur le chemin qui ramène le groupe à Targnon, les menaces verbales ne cessent guère, mais aucune brutalité n'est exercée envers le prisonnier. C'est lorsque la troupe parvient à la lisière des bois, près du moulin de Targnon (qui est en réalité le moulin banal de Stoumont) que va se commettre un meurtre d'une rare sauvagerie. Pirnay porte soudainement un coup de crosse à l'épaule d'Ansai. Un coup si violent que le bois se casse. Terrifié, le garde s'échappe. Plusieurs voix lui crient de s'arrêter, mais sans attendre, Ancion le met en joue et tire. Le Pinçon l'imite puis d'autres (14). Ansai maintenant est à terre, en train d'agoniser. Il murmure le mot confession. Alors Pirnay empoigne le sabre d'Ancion et lui crie : Attends, sacr..., je vais te la donner la confession et se jetant sur lui, il l'achève à coups de sabre. Puis, si l'on en croit Deleau, quelqu'un tranche la tête du mort et l'emporte. Rien ne sera épargné au cadavre, puisqu'à la fin, un ancien herdier de Targnon déshabillera le corps et emportera le butin empaqueté au moyen des jarretières de la victime (15). Le succès de Targnon gonfle l'audace de certains Lognards qui voudraient pousser jusqu'à Stavelot où, grossis et déformés, les bruits du combat et de son dénouement sont sur toutes les lèvres. Cinq cents hommes armés marcheraient sur la ville pour en déloger les Impériaux et saccager le monastère. La panique gagne les moines de Stavelot, puis ceux de Malmedy qui chargent plusieurs chariots avec du mobilier et de l'argenterie avant de s'enfuir vers l'Allemagne (16) Il s'agit pourtant d'une panique irraisonnée puisqu'il suffit à la garnison de Stavelot de se montrer sur les hauteurs de Roanne pour dégonfler l'ardeur des assaillants (17). Après l'incident de Targnon, le duc de Wurtemberg se voit contraint, sous peine de perdre la face, de réagir énergiquement. Et cette fois, il n'y aura pas de faux pas. A Lorcé, la prudence commande à Houssonloge de s'éloigner sans retard. Dès le lendemain 5 juin, accompagné de son fils Toussaint, il quitte Lorcé pour la France. A Paris, il retrouvera d'autres révolutionnaires, franchimontois et liégeois (18). Aux premières heures de ce même jeudi, Deleau reçoit du quartier général l'ordre de mener une expédition punitive dans les villages de Lorcé et de Xhoris. Le duc met à sa disposition plus de deux cents hommes de l'armée de Condé, cavaliers et fantassins, sous les ordres du marquis d'Ambly(19). Le même jour, en fin d'après-midi, accompagné d'émigrés cantonnés à Spa et à Theux, Deleau rejoint à Louveigné la troupe venue de Liège. Divers contretemps l'ont toutefois privé des quarante émigrés établis à Verviers, des trente soldats de la garde bourgeoise de cette ville conduits par l'officier Godard et des volontaires limbourgeois du capitaine Gronenscheldt. 206 De Louveigné, l'ensemble de la colonne gagne Aywaille pour y passer la nuit. Les forces de l'ordre quittent leur bivouac le lendemain, à la pointe du jour, laissant leur charroi sous la garde de la communauté locale (20). A Lorcé, où la répression est attendue, le peuple s'est réuni dès le matin dans l'église pour entendre la messe. L'abbé Lecomte chante l'office pour le succès des patriotes. L'église est pleine à craquer d'une foule haute en couleur, patriotes, l'arme à la main, la cocarde au chapeau et la fanfaronnade au coin de l'oeil, femmes inquiètes ou exaltées, vieillards soucieux, enfants turbulents. A l'offrande, se succèdent les roulements du tambour de la milice devenu le tambour de la révolution(21). Mais la sagesse prend le dessus lorsque l'importance de la colonne Deleau est connue. Trop, c'est trop. Alors les femmes, les enfants, les vieux chargent dans les charrettes leurs maigres biens, rassemblent le bétail et se réfugient dans les bois. Dès avant la fin de la matinée, les militaires entrent dans Lorcé pour livrer un combat qui s'avère rapidement inégal. Si brève soit l'échauffourée, les pertes n'en sont pas moins sérieuses. Deux personnes sont tuées, Antoine Lorcé et la fille de Jean Labasse (22). Deux douzaines d'insurgés sont arrêtés et conduits au château de Stavelot ou à la prison St-Léonard à Liège. L'abbé Lecomte, blessé à la cuisse par un hussard, est emmené à Liège. Il sera libéré avant la fin du mois et pourra reprendre son ministère, non plus à Lorcé, mais à Creppe. Des jeunes gens, et parmi eux, les deux fils de Laurent Brevers, sont enrôlés de force dans l'armée (23). De nombreuses portes sont enfoncées, des fenêtres brisées, des meubles démolis, des maisons pillées. Ainsi celles de Jean-Léonard Laffrut, de Jean-François Labasse, de Henri Corbillon, de Jean-Adam Bonmariage à qui, en plus, on a dérobé ses outils de cordonnier (24). Trois maisons sont incendiées, celle de Remacle Houssonloge évidemment, mais aussi celles de Laurent Brevers et de Jean-François Calbert. Nous savons qu'un retard dans la transmission des ordres avait empêché les volontaires limbourgeois de participer à l'expédition punitive. Mais, dès le lendemain, ils accourent dans les trois villages. Encore tout ulcérés de leurs revers de Targnon, ils savourent leur vengeance en multipliant les excès de toutes sortes (25). Sous la pression des armes, les habitants de la communauté de Lorcé demandent grâce au duc de Wurtemberg qui, en échange, exige la livraison des meneurs. C'est mal connaître l'entêtement des villageois qui refusent une nouvelle fois de remettre Houssonloge et Wuidar. D'ailleurs Houssonloge, sur la route de la France, est maintenant hors de portée. Cette dernière intervention à Lorcé et l'augmentation sensible des effectifs des garnisons de Stavelot et de Malmedy ont pour conséquence de calmer radicalement l'agitation qui, quelques jours plus tôt, bouillonnait au comté de Logne. Et c'est précisément pendant cette accalmie, alors que la libération n'est plus très lointaine que va se jouer le sort de Hubert-André Wuidar. 207 (1) G. Hansotte, ouvr, cité, p. 101. (2) F.F. 321,3/nonpaginé. (3) G. Hansotte, ouvr. cité, p. 103. (4) G. Deleau-Geyr, Pièces et faits concernant le marquisat de Franchimont, le pays de Stavelot et le comté de Logne relativement à ce qui s'y est opéré en 1794 sous les ordres du feld maréchal prince Ferdinand de Wurtemberg commandant en chef les troupes de Sa Majesté l'empereur et roi au pays de Liège, 1799, p. 8. (5) G. Deleau-Geyr, ouvr. cité, p. 9. (6) Idem, p. 21. (7) Idem, p. 18. (8) Idem, p. 22. (9) Idem, p. 23. (10) Idem, p. 24-25. (11) Idem, p. 26-27. (12) Idem, p. 45. (13) Idem, p. 46. (14) Idem, p. 47. (15) Idem, p. 48. (16) P.S-M. 814/187 (Chronique de T.-J. Lacaille, 1772-1802). (17) Idem. (18) F.F. 321,3/nonpaginé. (19) G. Deleau-Geyr, ouvr. cité, p. 28. (20) Idem, p. 29. (21) Idem, p. 31. (22) R.P.L. 3/334. (23) G. Deleau-Geyr, ouvr. cité, p. 30. (24) E.L. 37/594-604. (25) F.F. 391,35 / non paginé. 208 que tous un chacun crioit injuste... Le dimanche suivant, le 8 juin, est jour de kermesse à La Reid. Nous y retrouvons deux Lorcéens, Hubert-André Widar et le jeune Antoine-Rock Charette. Charette, ivre, fait la cour à une fille de Creppe, parente de Gilles Ansai. Mais cela, il l'ignore et par pure vantardise de patriote exalté, il se fait passer pour l'assassin du garde. Il aggrave même son cas en avouant qu'il s'est emparé de ses bottes. Il n'en faut pas plus pour qu'il soit arrêté sur l'heure, en même temps que son compagnon. On les amène tous deux à Spa, on les y enferme en prison. Deleau, tout heureux de l'aubaine, accourt les interroger, puis les fait charger de fers et de chaînes. Quelques jours plus tard, solidement garrottés, les deux captifs sont transférés en charrette à Stavelot. On les enferme au château puisqu'ils sont du comté de Logne et que le crime a été commis en territoire stavelotain(1). Le procès de Charette, de Widar et de bien d'autres s'ouvre le samedi 5 juillet dans une salle du couvent des Capucins de Stavelot, devant un tribunal inhabituel. Ce tribunal est en réalité la fusion du Conseil de guerre, récemment instauré par le duc de Wurtemberg et le tribunal d'exception créé quinze mois plus tôt par le prince. Le Conseil de guerre, composé de militaires autrichiens, d'émigrés français et du conseiller Cornesse, est présidé par le comte Pfaff de Pfaffenhofen. Le lundi et le mardi sont réservés à l'audition des témoins, surtout des bourgeois de Stavelot qui ont eu à se plaindre des débordements des Lognards. Le 9, la sentence est rendue. Les plus riches sont élargis après le paiement d'une importante caution, jusqu'à cent carolins. D'autres, en majorité des paysans arrêtés lors de l'expédition de Lorcé, sont condamnés à la bastonnade, 25 ou même 50 coups de canne pour certains, pour d'autres, 25 coups tous les jours pendant six jours. Plusieurs, comme Noël Lejeune de Rahier, rentreront chez eux avec le cul noir comme une cheminée. Pour Charette et Widar, c'est la peine capitale. Charette sera pendu et Widar décapité le jour même. Une décision que tous un chacun crioit injuste. Au point que le lendemain, les juges ont profité de la nuit pour quitter discrètement la ville (2). (1) Chronique du Spadois Antoine Houyon dans le Bulletin de la Société des Bibliophiles liégeois, tome 1, 1882, p. 278. (2) P.S-M. 814/189 (Chronique de T.-J. Lacaille). 209-- GEDCOM (INDI) -- 1 ASSO @I48679@ 2 TYPE INDI 1 ASSO @I48680@ 2 TYPE INDI-- GEDCOM (INDI) -- 1 ASSO @I37116@ 2 TYPE INDI 1 ASSO @I37117@ 2 TYPE INDI
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