Richard de Millau (Milhau), né ? et mort le 15 février 1121, est un des principaux acteurs de la réforme grégorienne mise en uvre dans le Sud de la France au tournant des XIe et XIIe siècles.
Créé cardinal en 1078, élu abbé de Saint-Victor de Marseille (1079-1106), nommé légat pontifical, puis archevêque de Narbonne (1106-1121), il est un acteur majeur de la politique pontificale de reprise en main de la hiérarchie de l'Église, entre Toulouse et Marseille1. Toute sa vie de prélat de l'Église catholique sera marquée par la Querelle des investitures qui oppose la papauté et l'empereur du Saint-Empire entre 1075 et 1122. Une grande part de son action se déroule sur les terres provençales qui font partie intégrante du Royaume de Bourgogne, rattaché au Saint-Empire.
Issu d'une maison extrêmement puissante à cette époque, celle des vicomtes de Millau, son action est aussi marquée par la permanence des stratégies de pouvoir des familles aristocratiques.
Une famille puissante
Les vicomtes de Millau
Richard de Millau est l'un des fils de Richard II, vicomte de Millau et de Rixinde, fille de Bérenger, vicomte de Narbonne. Il fait donc partie de la famille vicomtale de Millau et du Gévaudan, qui achètera aussi au début du XIIe siècle les droits sur le comté de Rodez au comte de Toulouse. Par sa mère, il est allié à la famille vicomtale de Narbonne, elle-même proche des comtes de Besalù (Gérone, Catalogne) et de la maison de Carcassonne.
On lui connaît au moins sept frères et surs. Trois fils (Bérenger, Raimond et Hugues) se partagent le pouvoir vicomtal. Richard se destine à la carrière ecclésiastique comme son frère Bernard à qui il succède en tant qu'abbé de Saint-Victor de Marseille.
Liens avec les autres familles aristocratiques du Midi
La Provence et le royaume de Bourgogne au XIe siècle
Le mariage de son frère, le vicomte Bérenger (1051-mort entre 1080 et 1097) avec Adèle de Carlat, lhéritière des vicomtes de Carlat et de Lodève, renforce le réseau des relations de la famille vicomtale. Une de ses surs, Arsinde, épouse un seigneur du Rouergue, Aicfred de Lévézou, une autre un vicomte de Bruniquel, et enfin, une troisième, Rixendis, se mariant avec Jaufre Ier, vicomte de Marseille, vers 1050, lui permet de s'allier avec cette famille des vicomtes de Marseille : beau-frère de Guilhem III et de Pons II (archevêque de Marseille), et aussi oncle de Uc Jaufre Ier, de Pons de Peynier et de l'archevêque d'Arles, Aicard.
Par son neveu Gerbert ou Gilbert, fils de Bérenger, et époux en (1102) de Gerberge de Provence, il se rapproche des comtes de Provence2.
Avec son frère Bernard, ils tissent des liens très étroits entre labbaye de Saint-Victor de Marseille et les vicomtes millavois dont les très importants dons et libéralités sont à l'origine de plusieurs importants prieurés victorins en Rouergue et Gévaudan : La Canourgue, Millau, Saint-Léons et Le Poujol.